Essai Alfa Romeo Giulia Veloce : entre passion et raison

Vous êtes tentés par la Giulia QV et son look très sportif, mais ses 510 ch vous font un peu peur ? N’ayez crainte, Alfa Romeo a pensé à vous, avec une déclinaison qui reprend la même recette mais plus civilisée. Sous son capot, un 2.0 turbo de 280 ch qui rend la berline italienne plus que jamais polyvalente…

Jusqu’au Mondial de l’Automobile 2016, il existait dans la gamme de la Giulia un trou entre les versions « traditionnelles » de 180 puis 200 chevaux et la version plus épicée Quadrifoglio Verde de 510 ch. Alfa Romeo est donc venu le combler avec une finition Veloce, proposant un entre-deux sympathique avec son 2.0 turbo de 280 ch et sa transmission intégrale Q4.

Il puro stile italiano (le charme italien)

Elue plus belle voiture de l’année 2016, la berline Giulia d’Alfa Romeo propose en effet une ligne latine plaisante, et encore plus dans ses versions à vocation sportive, dont la Veloce fait partie. Dans cette configuration Blanc Alfa, jantes noires et intérieur cuir rouge, l’italienne est désirable, comme nous l’ont affirmé les quelques passants et passagers lors de notre essai, dont un italien très chic. Elle reprend le bouclier aux larges ouvertures de la QV, ses jantes 19 pouces sur notre modèle d’essai et se pare d’un beau diffuseur intégrant deux sorties d’échappement réelles, ce qui est de plus en plus rare… Pour différencier les deux modèles, il faut donc se concentrer sur les ailes qui ne portent pas le même badge (un trèfle à quatre feuilles pour la QV contre une inscription en toutes lettres pour la Veloce) et compter le nombre de sorties d’échappement (quatre pour la QV).

Benvenuti a bordo (bienvenue à bord)

A l’intérieur, l’ambiance est agréable. On retrouve une planche de bord bien dessinée, originale avec une ergonomie travaillée et des assemblages en progrès. Tout tombe sous la main, des commandes de climatisation à la molette permettant la navigation dans le système multimédia, particulièrement bien intégré dans le prolongement des compteurs. Néanmoins, ce dernier n’est pas tactile comme la plupart de ses concurrentes, et la navigation peut s’avérer fastidieuse au départ avec la molette façon iDrive de BMW.

Le volant tombe lui parfaitement entre les mains, avec un léger méplat en bas et des emplacements pour loger ses pouces, juste devant les grandes palettes de sélection de vitesse en aluminium, fixes. La Giulia chouchoute aussi ses passagers, avec de beaux sièges en cuir (rouge dans notre exemplaire, ils peuvent aussi être teintés de noir ou façon tabac) qui maintiennent parfaitement, à l’avant comme à l’arrière. La banquette est d’ailleurs fractionnée en trois parties pour l’aspect pratique, même si la berline reste une 4 portes donc sans hayon. Le coffre est d’ailleurs dans la bonne moyenne avec 480 litres.

Un bel dinamismo… (un bon dynamisme…)

Alfa propose donc avec la Veloce une solution pour ceux qui voudraient la sportivité de la Giulia QV mais adaptée à un usage quotidien. Pour cela, deux blocs sont proposés : un diesel de 210 ch, et le 2.0 essence de 280 ch qui nous intéresse aujourd’hui. Un « modeste » quatre-cylindres turbo en comparaison du V6 de la QV, mais qui ne démérite pas.

Avec un 0 à 100 km/h en 5,2 secondes et une vitesse max annoncée à 240 km/h, la berline s’en sort honorablement. Equipée d’office de la très bonne boîte automatique ZF à huit rapports, la Giulia peut ainsi avoir deux visages : très douce en conduite souple (par exemple en ville, où l’accélération se fait sur un filet de gaz) ou beaucoup plus vive en conduite dynamique, par exemple lors d’un dépassement sur nationale… L’effet du turbo se fait un peu ressentir, le moteur étant plus creux sous les 2000 tr/min. Le couple de 400 Nm permet néanmoins de relancer sans problème la berline. Mais la déception vient de la zone rouge, qui arrive très tôt : 5 500 tr/min.

La direction est précise, le châssis excellent et la transmission intégrale Q4 pas trop envahissante. En effet, ce système permet de privilégier le mode propulsion tant que les conditions d’adhérence sont bonnes, et bascule en quatre roues motrices lorsque c’est nécessaire (route mouillée ou grasse). Un atout sécuritaire et qui donne beaucoup de plaisir sur les petites routes. Tout dépendra donc des désirs de chacun, grâce aux trois modes de conduite DNA, pour Dynamic, Normal ou All Weather & Eco (mode éco).

…ma senza il suono (…mais sans le son)

Malgré tout, quelques déceptions viennent entacher le tableau, comme la sonorité. En voyant le look et la fiche technique, on s’attend à avoir un certain son. Pas du niveau de celui du V6 de la QV, mais on espérait secrètement avoir une jolie mélodie pour un quatre-cylindres… Or ce n’est pas vraiment le cas. Une pression sur le bouton Start sur le volant, et on entend à peine le moteur s’ébrouer. La sonorité très discrète et assez quelconque contraste quelque peu avec le look extérieur sportif singeant la QV. Cette discrétion du bloc essence peut toutefois s’apprécier, notamment sur autoroute où le compte-tour n’indique que 2000 tr/min à 130 km/h grâce au huitième rapport.

La boîte ZF, extrêmement bien gérée, permet aussi de réduire la consommation : annoncée à 6,4 l/100km par le constructeur, elle se rapproche plutôt des 8 litres en conduite « souple », et beaucoup plus en conduite dynamique. Ce qui n’est pas si mal pour une berline de 4,64 m qui pèse tout de même 1,5 tonne à vide.

En résumé, la Giulia Veloce marie parfaitement le meilleur des deux extrémités de la gamme : la sportivité et le look coup de coeur de la QV et la polyvalence et la discrétion des finitions plus traditionnelles. Néanmoins, les amateurs que nous sommes auraient préféré un peu plus de son pour ce quatre-cylindres pourtant performant…

Prezzo (prix)

La Giulia de base démarre autour des 31 000 euros, mais dans cette finition Veloce, on grimpe d’un cran. Le diesel de 210 ch est proposé à partir de 51 990 euros, et le bloc essence de 280 ch s’acquiert pour près de 55 000 euros, hors options. Notre modèle d’essai, avec sa configuration particulière Blanc Alfa intérieur rouge, ses jantes 19 pouces anthracite optionnelles et ses différents packs dont le Pack Performance atteint les 62 000 euros. Pas à la portée de toutes les bourses donc…

Pregi e difetti (qualités et défauts)

Galleria fotografica (galerie photo)

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