Essai Hyundai Kona (2017) : notre avis avec l’essence 120 ch

Disponible à partir de 21.400 euros, la Hyundai Kona veut concurrencer le haut-de-gamme généraliste avec une première version plutôt bien équipé. Assemblée en Corée du Sud et exportée en Europe, la France est son premier marché couvert au programme.

Le plus important lancement Hyundai de l’année débarque à l’heure actuelle en concession après sa présentation en septembre dernier à Francfort. Le Kona, SUV compact se voulant pensé pour la ville compte tirer son épingle du jeu de part un style surprenant ainsi qu’avec l’arrivée fin d’année 2018 d’une version 100% électrique. En attendant cette dernière, on est partis essayer la version essence de 120 ch. Après les appellations Santa Fe, Tucson, le nom de “Kona” (dans l’archipel hawaïen) ne risque pas d’être trop à l’ouest sur un marché ultra-concurrentiel ? Notre avis.

Protection de vigueur

Nouvelle plateforme, nouveau style. La Kona 2017 se détache de ce qu’on pouvait actuellement trouvé au sein de la marque Hyundai. La voiture adopte un gabarit long de près de 4,16m de long, l’affichant ainsi dans la moyenne haute des véhicules du même marché, mais dont la largeur de 1,82m marque sa différence. La hauteur de caisse est elle aussi dans les normes hautes, avec 17 cm, et le profil de l’auto s’affiche assez léger. Le style “baroudeur” est retrouvé avec l’utilisation assez proéminente de plastiques de protection placés sur les ailes, les passages de roues, ainsi qu’habillant l’intégralité des projecteurs avant, et à l’arrière avec le bloc regroupant clignotant et anti-brouillard. La proue de l’auto note l’arrivée de deux niveaux de feux – marque stylistique déjà adoptée par Citroën et Jeep – mais dont Hyundai a choisi de le calquer de la même manière à l’arrière, avec un même dispositif à double étages. En outre, la calandre légèrement plongeante, le capot nervuré et les montants de carrosserie après les portes arrières ajoutent au véhicule un style assez caractériel et totalement asiatique : en d’autre terme, ne jouant pas dans la simplicité et l’aspect épuré.

Un habitacle entre espace et manque de rangement

Place à bord de notre modèle d’essai et le premier constat concerne le décalage entre le côté flashy et jeune à l’extérieur et les teintes sombres et plus tristes de l’habitacle. Mise à part les contours des aérateurs pouvant être colorés ou encore les surpiqûres et ceintures rouges (avec le pack Rouge disponible uniquement sur le haut de gamme et en option), le reste favorise des tons foncés. Assis au siège conducteur, les informations des compteurs sont bien ergonomiques, tout comme la tablette de 7 ou 8 pouces (selon les versions) est positionnée en surélévation par rapport à la planche de bord, favorisant le maintien du regard sur la route. D’ailleurs, tout comme la C3 Aircross (voir notre essai), le Hyundai Kona peut disposer d’un combiné d’affichage tête haute. La position de conduite demande à surélever le siège afin de disposer d’une bonne vision sur le volume avant du véhicule, et accessoirement de la route en elle-même. La planche de bord assez verticale et haute étant la source de ce petit réglage initial. Certains aimeront, d’autres moins, tout comme le dessin assez classique que propose l’intérieur du véhicule face à des propositions annexes plus gaies telles que le propose le C3 Aircross, ou encore plus personnalisable avec le Nissan Juke.

Mise à part l’ambiance, on aura aimé sur notre essai découvrir un habitacle spacieux, aidé notamment par une largeur de caisse importante, mais dont à l’avant comme à l’arrière, chaque profil d’individu devrait trouver son confort. A l’arrière, la place centrale n’est que très peu gênée par le tunnel de transmission au plancher. La visibilité sur la route est majorée par la position légèrement surélevée par rapport aux sièges avant. Néanmoins, les dimensions du véhicule n’ont été exploité qu’à la grande faveur de l’espace pour les individus. De ce fait, les litres de rangements à l’intérieur du Hyundai Kona se concentrent sur un accoudoir central servant de vide poche, alors que la boîte à gants ou encore les bacs de rangements dans les portes sont étroits. Un point que nous tenons à mettre assez en avant tant le volume de coffre de 360 litres (identique au 2008, voir notre essai) se positionne dans le groupe des Kia Stonic (350L), Nissan Juke (354L) et Renault Captur (377L) à disposer d’un espace inférieur à la concurrence de Citroën avec le C3 Aircross, proposant de son côté 410 litres, voire avec le prochain Volkswagen T-Roc de 445 litres (mais d’un gabarit long de 4,24m).

A l’aise en sortie d’agglomération

Une fois sur la route, nos différents itinéraires situés dans la région marseillaise nous aurons permis de prendre le volant au sein d’un véhicule proche des Kia Stonic et Peugeot 2008 en terme de réglage d’amortisseurs et de châssis. Sur ces deux éléments technique, le Kona se veut réglée au profit du dynamisme, laissant au conducteur l’assurance d’un véhicule bien assis sur la route, au poids bien équilibré, et dont le train avant ne sature que très peu dans les virages. L’assiette est conservée à la manière des derniers SUV Peugeot, rendant l’esprit du véhicule agréable et rassurant en virage. Le bémol concerne toutefois les sièges, dont notre version haut-de-gamme Executive nous proposait un habillage en cuir. Nous aurions aimé un ajout de maintien, notamment au niveau des lombaires pour le siège passager, dont le réglage est indisponible, ainsi qu’un touché moins ferme.

A l’essai avec le bloc essence de 120 ch

Voilà un moteur qui fera le job. Ce petit 3 cylindres 1.0 suralimentés de 120 ch possède un vrai répondant sur le Hyundai Kona, dont son utilisation avec la boite manuelle à 6 rapports autorise des plages d’exploitation très larges de chaque rapport, notamment de la 4ème – très polyvalente – utilisable de 40 à 90 km/h sans montrer de faiblesse. Au même titre, son fonctionnement à bas régime (notamment en ville) fût assez bluffant, pour ne pas dire charmant, tant sa discrétion combinée à une insonorisation réussie sur le véhicule admet de rouler les vitres ouvertes à 50 km/h sans perdre en confort auditif. Bien étagée, la boite 6 parcours tous les types de route, tachant de conserver une discrétion du 3 cylindres, même à 130 km/h sur autoroute, où le régime moteur n’excelle pas les 3000 tr/mins.

Il s’agit du premier moteur disponible au lancement de la Hyundai Kona sur le marché français. Un second bloc essence de 177 ch arrivera plus tard avec à son bord une boite automatique à 7 rapports (baptisée DCT-7 et proposant les modes de conduite Eco, Normal et Sport) ainsi qu’une transmission intégrale. Pour les diesel, il faudra aussi patienter avant l’arrivée d’un groupe motopropulseur décliné sous deux versions : 115 et 136 ch (la puissance de cette dernière reste encore à confirmer), de part l’architecture d’un 1.6 permettant d’être accouplé à une transmission 4 roues motrices sur la version la plus puissante.

Kona électrique : prévu pour fin 2018

Mais la grande importance du modèle quant à son lancement concerne l’arrivée prochaine de deux versions électrique, “dont la plus puissante proposera 500 km d’autonomie” nous a répondu l’un des responsables du constructeur à une question posée en conférence de presse. On devrait ainsi trouver fin 2018 deux batteries : l’une aux alentours de 40 kW et l’autre de 60 kW. Le Kona se présentera donc comme le seul modèle disposant d’une version 100% électrique sur le segment B des SUV, sauf si un autre constructeur arrive entre temps. Après la Ionic, Hyundai disposera donc de deux modèles zéro émission. La question de voir arriver une version hybride rechargeable fût balayée d’un revers de main suite au fait qu’avec des tarifs nettement majorés, la voiture ne serait pas commercialisable, nous a répondu Hyundai. Important de le rappeler tout de même – en décalage avec les visions politiques et industrielles françaises – Lionel French Keogh, le Directeur Général de Hyundai France a tenu à nous préciser que les ambitions écologiques chez le constructeur coréen tournaient d’ores et déjà en faveur de l’hydrogène – plutôt que de l’électrique – “dont une nouveauté sera présentée l’année prochaine” nous a-t-il fait part. En attendant une possible version N, sportive, dont nous avons évité de justesse l’appellation “S” ou “R”, qui, aurait pu poser problème avec le nom de “Kona”.

Entrée de gamme bien équipée

Le Hyundai Kona est arrivé en concession cette semaine. Sa commercialisation suit ces derniers essais par la presse. Mais durant ces prochains mois, le modèle sera uniquement disponible avec le bloc essence de 120 ch (ou 177 ch). Une arrivée de la gamme diesel tardive due au fait qu’une nouvelle norme européenne, l’Euro 6c, va entrer en vigueur et étant encore plus sévère au niveau de ses règles. De ce fait, la gamme de prix affichée ci-dessous concerne uniquement les tarifs avec le bloc essence.

Dans sa gamme de prix et d’équipements, la marque a choisi de se situer dans les prix du marché global : dans le cœur des ventes où se situe le plus gros des volumes. A l’opposé de la C3 Aircross essayée le mois dernier et de nombreux autres modèles, la Kona ne dispose pas d’une version d’entrée de gamme aux prix très compétitif dû au fait que sa liste d’équipements est minimale. Ici le véhicule est disponible dès la version Intuitive avec des jantes alliages, une caméra de recul, une climatisation auto, régulateur et limiteur voire une tablette tactile (retrouvez l’intégralité des équipements selon les versions en fin d’article). Pour 1.500 euros supplémentaires (avec la version Edition 1), l’affichage tête haute se présente, mais aussi l’accès et démarrage sans clé, une tablette tactile de 8 au lieux de 7 pouces (celle présentée sur nos photos) ainsi q’un système audio plus performant (très bon avec l’insonorisation). Enfin, le haut-de-gamme Executive comptant 3.000 euros de plus qu’Intuitive permettra de s’équiper des principales technologies de sécurité que Hyundai a développé sur ce SUV. A savoir le freinage automatique d’urgence, l’alerte de circulation transversale arrière, l’éclairage additionnel dans les virages, la surveillance des angles mort ou encore les feux de routes intelligents. Sur ce même niveau, on peut voir apparaître les feux arrières à LED (visibles sur notre essai), les jantes de 18″ (perdant en confort par rapport aux 17″) ou encore les sièges en cuir à réglages électriques.

Conclusion de l’essai Hyundai Kona (2017) essence 120 ch

Lancé depuis juin 2017 en Corée du Sud – là où il possédera d’ailleurs ses seules usines pour sa production – le Kona vient donc d’arriver en concession et sera disponible à la vente dans les prochains jours. Selon nous, il se rapprochera des Peugeot 2008 et Kia Stonic pour sa tenue de route assez dynamique, et la combinaison châssis/moteur/boite semble être pour nous la principale qualité que nous aurons retrouvé sur la voiture, dont l’insonorisation, la conduite à l’aise sur route sinueuse et dans les villes est agréable. L’intérieur (bien que très spacieux) nous aura déçu par son décalage avec l’image que veut apporter la voiture, à savoir d’un look jeune et assez distingué. L’assise (trop ferme et au maintien trop léger), la planche de bord peut-être trop verticale et haute ainsi que le manque de rangement seront donc pour nous les principaux défauts trouvés sur la voiture. Enfin, l’ensemble réglage des amortisseurs fermes et les roues de 18″ apporteront un manque de confort sur routes dégradées ou les centre-ville, ceux pourquoi nous conseilleront de préférer celles de 17 pouces, bien que peut-être moins esthétiques. Si certains équipements ne seront pas disponibles (banquette coulissante, régulateur adaptatif…) sur cet SUV compact, la garantie 5 ans kilométrage illimité offerte à condition d’acheter le véhicule dans le réseau de distributeurs officiel nous aidera à sortir assez convaincu du Kona pour cet essai. En attendant les versions diesel, et surtout électrique, qui devrait pour cette dernière recevoir une calandre pleine, à la manière de la Ionic électrique.

On aura aimé 

  • Dynamisme
  • Combiné boite/moteur
  • Insonorisation
  • Espace à bord
  • Gamme d’équipements

On aura été déçu

  • Assise 
  • Manque de confort en ville
  • Volume de rangements (coffre & habitacle)
  • Habitacle trop classique

Tous les équipements disponibles selon les finitions

Intuitive 
Six airbags. Aide au maintien dans la voie. Détection de la fatigue. Régulateur de vitesse. Capteurs de pluie et de lumière. Radar et caméra de recul. Climatisation automatique. Ordinateur de bord 3,5 pouces. Système multimédia avec écran tactile 7 pouces (Apple CarPlay, Android Auto, Bluetooth…). Quatre vitres électriques. Volant et pommeau de levier de vitesses en cuir. Volant réglable en hauteur. Siège conducteur réglable en hauteur avec lombaire électrique. Banquette rabattable 60/40. Rails de toit. Rétroviseurs électriques et dégivrants. Feux de jour à LED. Antibrouillards. Jantes en alliage de 17 pouces.

Edition #1, en plus des équipements sur Intuitive
En plus. Affichage tête haute. Accès et démarrage sans clé. GPS. Ecran multimédia tactile de 8 pouces. Chargeur par induction. Radio numérique terrestre (DAB). Système audio Krell. Rétroviseur intérieur électrochrome. Vitres arrière surteintées.

Executive, en plus des équipements Edition #1 & Intuitive
Freinage d’urgence automatique. Surveillance des angles morts. Aide au stationnement avant. Ordinateur de bord couleur de 4,2 pouces. Sellerie cuir. Sièges avants chauffants et électriques. Feux de route automatique. Eclairage de virage à LED. Feux arrière à LED. Rétroviseurs rabattables électriquement. Jantes en alliage de 18 pouces.


Photos et textes : Hadrien Augusto

Commentaires

  1. […] charges supérieures. Quand Hyundai semble être sceptique sur l’avenir du 100% électrique (voir les propos du directeur Hyundai France dans l’article essai du SUV Kona), Toyota se veut plus confiant avec un avenir en marche pour […]