Lamborghini : « nos réparateurs sont formés par Boeing »

A la recherche de la perfection, les constructeurs de supersportives sont amenés aujourd’hui à concevoir des technologies très poussées. Avec son châssis monocoque en fibre de carbone, la Lamborghini Aventador appartient à cet ensemble de modèle ultra-performants. De ce constat, nos confrères de chez Autocar sont partis à la rencontre de cette firme italienne dans le but de répondre à une question : avec autant de technologies de pointe, comment répare-t-on une Lamborghini aujourd’hui ?

Ils sont une infime partie des réparateurs automobiles à savoir s’y prendre. Un groupe restreint de mécaniciens à avoir acquis des compétences aussi poussées, sortant de celles qui concernent l’automobile. En quelques années, les modèles de voitures supersportives ont vu leurs capacités augmenter considérablement. Une hausse due notamment à l’utilisation massive d’un matériau très léger : la fibre de carbone. Pour montrer à quel point l’automobile s’est perfectionnée, des journalistes britanniques du média automobile Autocar ont mené leur propre enquête. Publié lundi 10 janvier, le rapport anglais a été retranscrit le long de cet article.

Profession : médecin

A Sant’Agata près de Bologne en Italie, on étudie les matériaux sous tous leurs angles dans le but d’en découdre avec les problèmes intemporels que sont celui du poids, de la rigidité des structures, encore du comportement aérodynamique à haute vitesse. Fin 2016, Lamborghini est revenu avec une seconde génération d’Aventador. Depuis sa création en 2011, celle-ci est produite sur la base d’un châssis monocoque, entièrement fait de carbone. Pour réparer un tel produit en cas de défaut ou d’accident, les réparateurs concernés de la marque se situent uniquement en Italie, au siège du constructeur. Pourtant me diriez-vous, les accidents n’arrivent pas que dans ce pays. Et vous avez sans surprise raison. Le motif d’un tel dispositif est que lorsque un cas de réparation est à effectuer, ces “médecins volants” comme les a nommé Autocar prennent l’avion en direction des pays et effectuent leurs réparations grâce à du matériel présent dans les lieux stratégiques des pays commerçants. En creusant dans ses recherches, le rapport nous a indiqué que l’Asie et le Moyen-Orient seraient des marchés touchés d’autant plus par les demandes de réparations.

Domaine de prédilection : l’aéronautique

Seulement voilà. Avec une assistance directe de la marque, les cas de réparation de la monocoque carbone ne sont pas tous effectué dans de brefs délais. “Même la toute petite manipulation peut demander une journée entière” déclarait un de ces médecins avec un sourire irrégulier. Car oui, les modèles de ce genre de constructeurs sont tout, sauf des voitures. Dans l’usine Lamborghini, les réparateurs possèdent le label “Flying Doctors”. Un titre déjà vu au sein de Boeing dont les formations sont souvent identiques aux deux écoles…

Comment répare-t-on une Lamborghini ?

En interrogeant des membres du constructeur en charge de ces opérations, Autocar a pu révéler des informations impressionnantes. A commencer par celle l’aptitude chirurgicale des ingénieurs. En effet, lorsqu’un châssis est déclaré comme accidenté. Les réparateurs utilisent un thermographe dans le but de distinguer la nature du défaut. Ensuite, c’est au tour d’un appareil ultrason à analyser la structure. Un geste permettant ainsi de voir à 15 mm de profondeur, l’importance des dégâts sous la surface de la fibre. Enfin, l’heure du bilan arrive. Et c’est à partir de ce moment que la difficulté commence. En quelques secondes, les ingénieurs apprennent la durée de réparation et le besoin ou non d’exporter la monocoque en Italie.

L’un des Flying Doctors nous apprend : “si les dommages ne peuvent pas être réparés dans une petite zone, une section entière de la monocoque pourrait avoir besoin d’être remplacé”. Un cas où les coûts de réparations s’envolent littéralement, d’autant plus que ce cas précis recommande souvent de ramener la pièce en Italie. Bonjour l’écologie. Mais heureusement encore, ces situations sont moins nombreuses face à celles où seul une petite zone doit être traitée. Dans ce cas là, le journal nous apprend que “l’ingénieur va monter une plaque de métal sur le dessus de la section réparée, attacher les fils uniformément sur sa surface et les relier sous une chaleur de 120 degrés”. Cette véritable soudure est décrite comme une phase où la patience est encore plus essentielle que lors de l’étape des analyses. Ainsi, le réparateur peut être emmené à “surveiller les jauges de températures et l’évolution de la fibre de carbone pendant deux heures”. Une surveillance rigoureuse tant l’erreur pourrait demander à tout recommencer.

La perfection : sans limite ?

Ainsi soit donc le quotidien d’une firme de prestige, manipulant des technologies de pointes, poussées au plus haut de leurs capacités. En quelque temps, l’Homme a pu démocratiser de nombreuses technologies dans notre quotidien. Aujourd’hui par exemple, nos technologies de batteries électrique pour voiture auraient déjà diminué leurs tarifs de 80% par rapport à ce qu’il en était il y a 6 ans (étude menée par le cabinet-conseil McKinsey entre 2010 et 2016). Il serait donc fascinant de réfléchir à comment les supersportives de demain pourront continuer à se perfectionner. La recherche du plaisir de conduire ne posséderait donc pas de limite ?


Via Autocar, McKinsey, CCFA,
Photos Lamborghini via Autocar

 

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