Voiture autonome : une réalité d’ici 10 ans ?

Dans une étude effectuée auprès de 10 600 individus dans le monde, l’Observatoire Cetelem a dressé un constat sur l’image de la voiture autonome vue par les automobilistes. Sur 15 pays différents sondés, les décalages sont importants : quelle population a le plus confiance en cette nouvelle technologie ? Décryptage.

La voiture autonome est une révolution. Et cela se constate aisément. Il suffit d’une simple discussion de comptoir pour se rendre compte de toutes les nouveautés qui apparaîtraient, si l’ensemble de nos routes devenaient dépourvues d’êtres humains en guise de conducteurs. Dans cette révolution faite d’une bagatelle de nouveauté considérables, se présentent aussi et surtout de nombreuses questions. Certaines basées sur la technologie bien entendu, mais aussi d’autres sur l’adaptation des infrastructures, de nos modes de vie (la voiture se transformerait en maison mobile), des assurances et des nouvelles attentes en matière d’achat (les constructeurs automobile traditionnels auront-ils encore leur place sur le marché ?). Tant de voies de discussion donnant un aperçu à la fois vaste et flou du basculement dans la voiture autonome.

10 ans pour grandir

Afrique du Sud, Allemagne, Belgique, Brésil, Chine, Espagne, Etats-Unis, France, Pologne, Italie, Japon, Mexique, Portugal, Royaume-Uni et Turquie… L’institut de sondage TNS Sofres et l’Observatoire Cetelem ont pu mesurer à 55% le nombre d’automobilistes s’étant déclarés intéressés par l’utilisation d’une voiture autonome parmi ces 15 pays sondés. Au sein de cette moyenne, les moins de 30 ans auraient répondu favorablement à 61%. Mais le chiffre significatif est rattaché à la question de savoir dans combien de temps la voiture sans conducteur sera une réalité. Ainsi, selon l’Observatoire, les automobilistes auraient répondu à 71% que la technologie se démocratisera d’ici 10 ans”. Tout en ajoutant qu’une somme majorée par rapport à une voiture traditionnelle les rendraient dubitatif à 65%, tant il serait seulement 35% à accepter payer plus cher pour en utiliser une.

Parmi les craintes, l’arrivée de la voiture sans conducteurs inquiéterait à 38% les automobilistes quant à la perte du plaisir de conduire. Toutefois, le défaut principal redouté serait la collecte de données que pourrait prétendre réaliser une voiture autonome. Pour montrer cela, un communiqué de l’Observatoire Cetelem nous apprenait que 55% des personnes interrogées “s’inquiètent de l’utilisation qui pourra être faite” de ces informations enregistrées par l’ordinateur de la voiture, et potentiellement transmises à la marque du modèle.

Décalage selon les pays

Mais ces données en moyenne accusent par ailleurs de fortes différences selon les pays. Ainsi, il est intéressant de noter l’extrême avancée des chinois dans l’opinion publique, sur la technologie autonome. Parmi ces automobilistes, pas moins de 92% voient la voiture autonome comme une réalité d’ici 10 ans, avec 78% qui auraient répondu favorable pour payer une somme plus élevée avec l’arrivée de la technologie autonome dans l’automobile. Par comparaison, en France, nous serions 69% à voir la technologie arriver dans la décennie future, avec 78% étant contre l’idée de payer plus cher. Info intéressante à signaler également : l’opinion allemand, où la majorité n’a pas pu être trouvée parmi les automobilistes voyant la conduite autonome d’ici 2027.

Légitimité

Enfin, le rapport 2017 de l’Observatoire Cetelem de l’Automobile a indiqué que 60% des personnes interrogées se seraient montrées confiantes dans la légitimité que posséderaient les constructeurs traditionnels à faire leur place sur le marché de la voiture autonome. Un chiffre assez important, alors que les constructeurs pourraient très vite être dépassés par les marques du numérique ou des technologies high-tech telles qu’Apple et Google. Ou encore des firmes de services tels que les offres de mobilité des VTC, bien qu’ayant signé pour ces dernières, des partenariats de recherche et développement (R&D) avec des constructeurs automobiles.


Via Observatoire Cetelem, Kantar TNS (ex TNS Sofres)

Illustrations Navya