Voiture électrique : des prix abordables, une utopie ?

Le géant indien de l’automobile a pointé du doigt un futur difficile à terme pour la voiture électrique. « Pour longtemps », les technologies des voitures zéro-émission ne devraient pas voir leur prix baisser. Pronostique sur le parc automobile indien, aux 10 millions de véhicules d’ici 2030.

Une voiture sur deux. Le poids du groupe Maruti Suzuki, premier fournisseur d’automobile en Inde, est très important aujourd’hui, mais le sera encore plus demain. Au sein même du pays, 3,3 millions de véhicules circulent. Or d’ici 2030, ce chiffre devrait augmenter de 203 %, pour passer à près de 10 millions d’immatriculations. De cette expention-là, Maruti Suzuki devrait continuer à embrasser le plus gros du marché. Lui donnant un poids considérable, notamment dans ses propos. C’est pourquoi la prise de parole de son président M. Bhargava dans le journal The Economic Times n’est pas passée inaperçue. Pour l’homme, la voiture électrique aura des difficultés dans son déploiement sur le marché, à cause de ses prix qui ne devraient pas baisser. Et la tendance ne serait pas qu’à court terme.

Interventions politiques nécessaires

« A moins que la voiture ne soit abordable, elle ne se vendra pas », a déclaré M. Bhargava ce 22 décembre, inquiet sur l’avenir de la voiture électrique. Le groupe indien qui s’est associé à Toyota pour mettre en place la commercialisation de voiture à batteries lithium-ion dans le pays d’ici deux ans, a jugé qu’il sera comme un défi de pouvoir « vendre des petites voitures électriques abordables ». Si bien que selon l’article paru par la suite par nos confrères de l’Economic Times, le prix des VE ne devrait pas être plus compétitif que celui des voitures thermiques (essence mais aussi diesel) sur le marché, et cela « pour longtemps » encore.

En Inde, le gouvernement prévoit un véritable basculement vers les technologies « vertes » pour 2030. Une ambition dont M. Bhargava n’a pas caché son scepticisme, en indiquant (selon les prévisions du groupe Maruti), que seulement 40% du parc automobile sera électrifié, et que le reste – c’est-à-dire les 6 millions de véhicules restants sur les près de 10 millions qui devraient composer le marché – fonctionneraient aux énergies fossiles. Une piste pour changer cela ? Pour Maruti Suzuki, seul une forte contribution du gouvernement par des interventions politiques permettraient « de promouvoir l’adoption massive de véhicules plus propres« .

L’hydrogène : s’éloigner du problème

Dans les mêmes temps de la prise de parole du groupe automobile indien, Toyota a indiqué dans la presse son nouveau plan pour le développement de la technologie à hydrogène. Dans un communiqué, nous pouvions ainsi apprendre qu’un partenariat avec 10 autres firmes (Nissan, Honda, Ltd, mais aussi Nippon Oil & Energy Corporation principalement) aurait permi un accord de développement important d’infrastructures pour la voiture à pile à combustible au pays du Soleil Levant. D’ici 4 ans, pour commencer, 80 stations de distribution d’hydrogène devraient naître au sein de l’archipel japonais.

En même temps, Toyota déclarait s’être alliée avec Panasonic (à la contribution très importante avec Tesla aux USA, au sein de la gigafactory), pour continuer à développer ses modèles de batteries électrique. Une information importante, tant Toyota indiquait il y a quelques semaines travailler sur une alternative à la batterie lithium-ion prévue pour après 2020, dont les avantages seraient multiples (lire notre article).

Ainsi, les firmes asiatiques ont très bien compris les enjeux et les contraintes des nouvelles pistes de technologies propres. Paradoxale, l’opinion commune en France mais aussi dans le reste du monde, jongle entre un sentiment que la voiture électrique sera la technologie verte de demain, et un frein encore important dans l’adoption de ces véhicules de par des chiffres de ventes manquants de dynamisme. Pour les constructeurs asiatiques (les constructeurs français sont plus en retrait), le développement de la voiture à hydrogène est un gage de sécurité, dans un avenir de l’électrique où il est à la fois important de faire sa place, et indispensable de se maintenir dans des projets collatéraux, dont la pile à combustible est l’alternative numéro 1. La technologie qui sera restée depuis toujours dans l’ombre de la voiture électrique, n’a sûrement pas dit son dernier mot.


Via The Economic Times, Maruti Suzuki, Toyota

Illustration Geralt

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